La demi journée de découverte organisée par l’association Cardamine sur l’Espace Naturel Sensible des Oignons à Boz a fait le plein de participants.
L’activité a commencé par une présentation du bouleau et de toutes ses utilisations et vertues médicinales mais aussi des énormes quantités d’eau qu’il prélève dans le sol. Si le bouleau peut rendre de nombreux services reconnus depuis des milliers d’années, il pose un problème de consommation d’eau dans les zones humides. C’est le cas sur les sites des oignons, ou les nombreux arbres prélèvent tellement d’eau que les mares et le sol s’assèchent en provoquant la disparition des plantes et des animaux des milieux aquatiques ou gorgés d’eau comme les tritons, grenouilles, crapauds et libellules…
Pour mettre en évidence cette consommation d’eau, les participants ont percé des troncs de bouleaux, enfilé une paille dans le le trou. Ce tuyau improvisé relié à une bouteille vide a permis de recueillir la sève brute, un liquide transparent qui ressemble à de l’eau. Il s’agit bien d’eau, l’eau du sol avec ses sels minéraux avec un peu de sucre libéré au printemps par les racines de l’arbre pour permettre le développement des feuilles.
Les participants ont abandonné leurs bouteilles qui commençaient à se remplir au goutte à goutte, pour se diviser en 2 groupes. Le premier a désherbé la haie plantée par la commune pour amener de la biodiversité et stopper la progression des acacias envahissants, tandis que le second groupe a arraché minutieusement les petits arbres qui repoussaient dans les zones humides recrées par le Conservatoire des Espaces Naturels. Le déplacement a été mis à profit pour observer les traces des des chevreuils, sangliers et blaireaux ainsi que le cortège de plantes et de lichens typiques du site.

Quelques heures plus tard, la vingtaine d’agents d’entretien du jour, fiers de leur travail, ont pu déguster la sève de bouleau récoltée dans les bouteilles à moitié remplies pour certaines. Ce fut l’occasion de reparler des bienfaits du bouleau et du boulot pour la santé comme pour l’environnement. Le chantier a permis de retrouver une plante protégée qui avait disparu depuis plusieurs année sur le site à cause du boisement : le Lycopode inondé. Une petite plante qui vit sur la terre nue des zones humides souvent accompagnée de la Droséra, une autre espèce protégée, revenue elle aussi et observée en 2018 suite aux travaux d’entretien du Conservatoire.

Les travaux de gestion du Conservatoire
Les actions du conservatoire ont pour objectifs de conserver des espaces et des espèces rares qui risquent de disparaître.
C’est le cas de la lande tourbeuse des oignons menacée par le boisement et l’assèchement suite à des travaux de drainage, de la régression des herbivores sauvages et des grandes sécheresses.
Les travaux consistent à conserver l’eau apportée par les pluies en rebouchant une partie des drains, à enlever une partie des arbres et de la végétation qui consomment énormément d’eau et à recreuser des mares ou enlever la couche superficielle du sol pour qu’il soit recouvert d’eau une partie de l’année ( l’étrépage).
Pour limiter le reboisement, le Conservatoire utilise un troupeau d’ânes en pâturage complété de chantiers de broyage ou de désherbage et évacue les matières végétales pour ne pas enrichir le milieu.

Tout est bon dans le bouleau
La sève mais aussi les feuilles, les bourgeons et l’écorce favorisent le bien être  avec des vertues purificatrices, antiseptiques, diurétiques, digestives….
Les fines branches de bouleau pour confectionner des balais d’écurie ou des trottoirs ou des balais de sorcières.
L’écorce imperméable pour des toitures, des bateaux, des allumes feu, des gravures et aussi pour l’esthétique, des boites et autres objet décoratifs.